Ma Forme au Naturel

Nous sommes en 1981, j’ai 9 ans et je pousse les meubles du salon tous les dimanche matins pour suivre le cours de gym tonic « Véronique et Davina ». Oui je fais partie des douze millions de téléspectateurs qui partagent avec les deux animatrices l’envie de bouger, de transpirer et aussi de souffrir un peu ! Et ça ne fait que commencer !

À cette époque, je vais aussi à la piscine 2 fois par semaine, entraîneur m’ayant repéré alors que j’étais à la piscine avec ma classe. Je fais aussi du patinage artistique puis du cheval et surtout du ski.

Le ski, le snowboard et donc la montagne sont mes vrais premiers amours.

Très tôt, grâce à mon père et des amis formidables qui se reconnaîtront je l’espère le ski est devenu un besoin physique et un lieu d’évasion extraordinaire.

Plus je skie mieux je me sens. J’aime les sensations de glisse, le silence et la beauté majestueuse de cette montagne que l’on se doit d’apprivoiser. J’aime les challenges et frôle parfois avec le danger.

On dit alors de moi que je suis une adolescente « pleine d’énergie » et aussi une revendicatrice. Parce que rare sont les journées ou je ne m’insurge pas sur les gens qui jettent des papiers de barres de céréales, de paquet de tabac, de kleenex, … et qui polluent ma montagne ! C’était il y a 20 ans et aujourd’hui rien n’a changé.

Les années passent, ma passion pour la montagne ne s’essouffle pas, je la maîtrise parce qu’il faut faire des études loin d’elle, moi qui aurais rêvé d’être professeur de ski. C’est vers la communication que je décide d’aller en pensant toujours que diplômes en main je pourrais travailler la haut sur la montagne. Et puis la vie en décide autrement je suis à Paris, mon premier contrat de travail je le signe avec un grand groupe industriel. Premier boulot, premiers sacrifices. Je ne fais plus de sport, les salles me rebutent car je trouve que ça dénature le plaisir de se dépenser. Alors je pars aussi souvent que possible faire du ski, les week-ends et les vacances.

J’ai 25 ans 12 kilos de plus, un travail incroyable, intéressant, enrichissant, … mais quelque chose me manque. Je mets 15 mois à perdre mes kilos de jeune cadre dynamique et je me décide enfin à passer le pas d’une salle de sport.

Très vite et sans jamais parler à personne (règle de survie que je m’impose pour survivre à l’ambiance de ces salles de sport parisiennes au milieu des années 90) je retrouve ce besoin physique de me dépenser et de me dépasser.
Puis les propositions de poste se cumulent : les télécoms et enfin l’agence de relations publiques. Le rêve de toute trentenaire travaillant dans la « com ».
Mais voilà, je ne suis pas les comme les autres. L’excitation de l’agence, des dead line, des crises, … n’est rien à comparer de ce que je ressens lorsque j’utilise, je façonne, j’apprivoise mon corps.

Alors une fille et 12 ans de communication plus tard je dis STOP !

STOP à Paris, le stress, les transports en communs, les disputes pour savoir qui récupère notre fille à cause des réunions qui s’éternisent.

J’ai 30 ans je veux donner un sens à ma vie, je veux partager quelque chose de vrai et de sincère avec les autres, je veux que mon travail me passionne, qu’il m’apporte des satisfactions et du bonheur et enfin je ne veux rien sacrifier : ni ma fille, ni mon mari ni le sport, ni moi !

Je veux devenir le professeur de sport que j’aurais voulu être à 18 ans. Il me faut deux ans de faculté (Paris XII) pour décrocher le diplôme du DEUST des métiers de la forme. J’y rencontre des professeurs incroyables, passionnés, et passionnants. Ma vie est bouleversée par ce rythme scolaire incroyable (révisions, contrôles, stages, réveil à 5h30 avec 3h de transport par jour, entraînement physique intense, … ) et aussi par des nouvelles amitiés et cette ambiance festive de jeunes étudiants.

Mais je revis. Je me sens plus proche que jamais de la montagne et de ces activités qui collent à la nature sans la dénaturer : escalade, randonnée, …

Alors diplôme en main et au meilleur de ma forme physique il me faut un challenge. Le Mont-Blanc est un rêve depuis toute jeune. Du haut du col de Balme à la Clusaz je me suis souvent vu au sommet de ce toit de l’Europe. Cette beauté et ce challenge m’a toujours attiré, … je veux l’affronter, mais à quel prix ?

Je m’entraîne, m’équipe, … j’écoute Dani California des Red Hot chillies pepers en boucle pour me booster et remplace California par Mont Blanc (« California rest in peace, 
Simultaneous release, 
California show your teeth, 
She’s my priestess, I’m your priest 
Yeah, yeah ! »).

Je suis prête. Je m’acclimate à l’altitude avec l’ascension du Grand Paradis (4060m) deux jours avant le Mont-Blanc.

Il est 1 heure du matin, nous sommes 3 avec le guide. Nous partons du refuge de tête rousse et nous parcourons 4 heures d’escalade et 800 m de dénivelé. Nous faisons une halte au refuge du goûter puis nous repartons. Les conditions météorologiques ne sont pas bonnes mais nous sommes trop motivés pour renoncer. Il nous faudra essuyer la tempête à 300 m de dénivelé du Mont-Blanc pour comprendre et faire demi-tour. A cet instant, je sais qu’on a été trop loin, que j’ai été trop loin, … je pense à ma fille, nous faisons demi-tour, nous retrouvons tout juste nos traces qui nous conduisent au refuge, … je pleure… Je pleure pendant au moins une heure. Les autres me regardent, ils ne comprennent sûrement pas … moi je comprends plus tard que derrière ma déception et ma fatigue il se cache d’autres révélations.

Le Mont-Blanc est une grande leçon d’humilité. La force physique et psychologique ne sont pas les seuls éléments déterminants de la réussite. Cet échec porte aussi d’autres échecs. Il faut changer !

J’ai toujours aimé bouger et faire bouger les autres, les choses, … c’est un fait mais j’ai 33 ans et mon corps ne suit plus.

Depuis 20 ans que de blessures et de souffrances pour arriver à une entente cordiale entre lui et moi !

Que d’épreuves pour outre passer ses propres limites, chercher la performance, aller toujours plus loin, …

Il est temps de s’adapter et d’être à l’écoute de ce corps qui ne veut plus subir mais être écouté, choyé, dorloté même !

Je m’initie et me forme à d’autres techniques de remise en forme et de relaxation. Le Pilates est une révélation. Cette méthode où le ressenti est primordial et le contrôle de ses mouvements essentiel me réconcilie avec mon corps. Le yoga me donne des nouvelles clefs et je m’invente une technique de stretching/méditation (home made) pour me détendre.

Un équilibre de vie bio se met doucement en place ; l’alimentation, les produits de beauté, les gestes du quotidien, …et réconforte ce besoin vital de respect de la nature, de calme et de montagne toujours !

Le besoin de partager avec vous mes connaissances, mes expériences et mes astuces est donc venue naturellement.

Je souhaite vous donner envie de bouger dans le respect de votre corps et de votre environnement. Je souhaite vous convaincre que vos quotidiens personnel et professionnel nécessitent que vous soyez en forme physique et psychologique pour être bien conduits.

A lire : Ma forme au naturel, Ed. Eyrolles